Vieille névrose, toi, faut qu’on cause…

Ca commence par "Très cher père" et ca finit comme ça

Dans cette chanson, Gage, un ami de Corneille, évoque sa frustration liée à l’absence du père…J’ai connu le mien, et je le vois encore à l’occasion, quelques fois par an.

Mais son absence à des moments clés de mon existence me pèse encore. Et notre incapacité à tenir une discussion de fond (différence d’état d’esprit, de vocabulaire, de réalité), me pèse encore plus.
J’ai parfois l’impression de parler à un étranger. Je n’ai jamais été fier de mon père, et croyez moi, ce n’est pas tous les jours simple, d’autant plus que du coté maternel, mon positionnement en tant que seul enfant et seul homme dans une famille matriarcale m’a obligé à grandir très vite.
J’ai vite été considéré comme un adulte, avec l’avantage que j’étais intégré aux conversations des adultes et le défaut qu’on ne m’a jamais vu et peut être aimé comme un enfant…
Mon désir n’est pas de retrouver cette insouciance qu’après coup je ne regrette pas tant que ça, j’espère juste arriver à corriger ce sentiment de différence, de décalage par rapport à une génération qui me parait à des années lumière de ma propre vision analytique de la vie…
(en plus simple pour les non-amateurs de phrases compliquées : je me suis toujours senti plus mûr que les jeunes qui m’entouraient, et c’est encore vrai pour pas mal de gens…).

Allez, je retourne à ma murder party.

Samy

10 réponses sur “Vieille névrose, toi, faut qu’on cause…”

  1. beuuuh, dis tt de suite que je suis une gamine ??? meu nan d’abeur !! je suis très mure, gnagnagna, et ça se voit quand même, nan ????
    NA !

    ouiiniinnnnnnnn

  2. En général je le vis très bien, je me suis fait une raison… Mais parfois très mal aussi, surtout quand nous nous voyons et que je constate que nous n’avons rien à nous dire, rien à partager, rien en commun… Là elle vient chez moi trois jours à la fin du mois et j’appréhende un peu. Du coup je me trouve des "mamans de substitution", soit des collègues de boulot, sinon j’ai aussi la mère de ma meilleure amie à laquelle je me confie beaucoup.

    Mais tout est plus compliqué que ça en fait. J’en ai un peu parlé dans mon blog, mais toute mon enfance et mes rapports familiaux sont faussés par un "événement" malheureux qui s’est produit dans mon enfance et que j’ai occulté. J’ai déjà essayé d’en parler avec ma mère et ma grande soeur mais elles ne veulent rien me dire, car cela concerne mon père et elles savent combien je suis attachée à lui.

    Dès lors que j’aurai découvert ce dont il s’agit (je pense que je vais tester la technique de l’EMDR), tout risque de considérablement changer, mais au moins je serai en paix et mes rapports avec les autres (les hommes en particulier) s’en verront considérablement simplifiés et modifiés.

  3. Merci Gajulie..

    Pour le coup des mamans de substitution (bizarrement, j’ai jamais essayé de me trouver un deuxième papa..), à la réflexion, je me rends compte que ce que je formalisais sous "je m’entends mieux avec les filles avec qu’avec les mecs", ca pourrait se traduire par "je recherche une forme de tendresse amicale chez les filles, tendresse que mon enfance ne m’a pas fournie".
    Un jour, il ya quelques années, une vieille amie, Gaelle, m’avait sauté au coup parce que ca faisait longtemps qu’on sétait pas vus…je m’en souviens encore, non pas qu’elle me plaisait en diable, mais que cette tendresse..m’aurait presque fait peur, tellement je ne connaissais pas cette sensation.

    Les choses vont mieux de nos jours, mais j’ai parfois du mal à comprendre qu’on puisse vouloir me donner des gestes tendres, alors quand c’est la famille, là carrèment j’ai envie de dire "non mais arrêtez votre comédie"..

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